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Films

vidéo-club – Spectateur, Ennemi

Réalisation
Multiples
Durée
47
Langue
Anglais
Sous-Titres
Français
Support
DCP

INFORMATIONS IMPORTANTES

  • Les retardataires ne sont pas admis dans la salle.
  • Prévoyez arriver au moins 15 minutes à l’avance car nous ne présentons aucune bande-annonce.
  • Ventes finales, aucun échange ni remboursement.

Déclaration curatoriale (Daniel Dinato)

Dans les trois films sélectionnés pour ce programme, réalisés respectivement par Tiuré Potiguara, Vincent Carelli et Jayce Salloum, un même thème revient : le contact et le dialogue conflictuel entre Autochtones et Allochtones – position à partir de laquelle j’écris – dans les Amériques. Axés sur le Brésil et le Canada – où je suis né et où je vis, respectivement -, ces films présentent certaines des conséquences de cette rencontre à travers des politiques d’assimilation, des processus d’ethnocide, tout comme la dépossession des territoires autochtones et leur exploitation économique fondée sur l’extractivisme. Le contact n’y est pas présenté comme un événement historique circonscrit au passé, mais comme une dynamique qui traverse et façonne le présent du continent. Comme nous le rappelle le penseur autochtone brésilien Ailton Krenak, la rencontre a lieu tous les jours et nous sommes encore en guerre. Ce qui se met en scène – si tant est que ce terme puisse convenir dans de tels cas – dans chacun des films, ce sont différentes actualisations de la violence inscrite dans la rencontre inaugurale de la colonisation, conventionnellement située à l’arrivée de Christophe Colomb à Guanahani, en 1492.

Les films, cependant, semblent faire davantage. Ils ne se contentent pas de représenter l’antagonisme : ils’l’incarne, tantôt dans leur forme, tantôt dans leur contenu. Ils sont eux-mêmes issus de ces zones de contact entre différents mondes, constitués par les tensions et les contradictions qu’ils rendent visibles. Au-delà de la représentation du conflit, ils participent à celui-ci, devenant de ce fait l’un de ses vecteurs. Ce sont des films qui fonctionnent simultanément comme des indices et des instruments de dialogue interculturel, cherchant à agir sur la réalité et à y produire des effets concrets. Ce faisant, ils arrachent le spectateur à une position confortable d’extériorité et l’interpellent. Plutôt que d’offrir un conflit à contempler à distance, ils reconstituent les relations qu’ils mettent en jeu. Le spectateur Allochtone – et plus précisément le spectateur Blanc – cesse d’assister à une guerre qui serait celle des autres et se trouve lui-même impliqué dans le processus colonial que les films réactivent. Autrement dit, ces films nous invitent à rejouer le contact inaugural, ouvrant par la même la possibilité de réparer cette relation et d’expérimenter d’autres manières d’être ensemble.

Le titre, Spectateur, Ennemi, s’inspire du film The Spirit of TV, de Vincent Carelli. Celui-ci révèle, à travers plusieurs scènes – comme, par exemple, lorsque les enfants regardent en direction de la caméra en disant : « il regarde à travers ce gros objet » – la relation qui se noue entre celui qui filme, Carelli, et ceux qui sont filmés, les Waiãpi (nation autochtone vivant au nord du Brésil et en Guyane française). Il s’agit d’une relation tendue et ambiguë : si les images enregistrées constituent une archive pour la mémoire future de cette nation autochtone – comme le souligne le protagoniste du film -, elles n’auraient pu exister sans la destruction préalable d’une partie de leur monde. Cette relation reflète d’ailleurs, à une autre échelle et de manière fractale, celle entre Autochtones et Allochtones. Le film opère ainsi comme un instrument de communication destiné aux orpailleurs et, plus largement, aux Blancs, en nous renvoyant une image de nous-mêmes, loin d’être agréable à regarder, mais à laquelle il est pourtant urgent de nous confronter.

PROGRAMME (47 min)
Mekaron, Tiuré Potiguara, 1993, 5 min 40 s – version originale sans dialogue
The Spirit of Tv, Vincent Carelli, 1990, 17 min 40 s – version originale anglaise, sous-titres français
Untitled part 4: terra (in)cognita, Jayce Salloum, 2005, 38 min – version originale anglaise, sous-titres français

Biographie:
Daniel Dinato est commissaire d’exposition indépendant, médiateur et travailleur culturel brésilien. Il est titulaire d’une maîtrise en anthropologie sociale de l’Unicamp (Brésil) et d’un doctorat en études et pratiques des arts de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Depuis 2016, il collabore sur le long terme avec le collectif MAHKU (Movimento dos Artistas Huni Kuin), développant la pratique du commissaire-txai – txai signifiant « beau-frère » dans la langue Huni Kuin – et co-commissariant avec Ibã Huni Kuin les expositions Yube Inu, Yube Shanu (2022), MAHKU – Cantos de Imagens (2022) et Vende tela, compra terra (2022, 2024, 2026). Ancré dans des méthodologies collaboratives et des relations durables avec des artistes autochtones, son travail vise à contribuer aux mouvements de résurgence politico-culturelle, de souveraineté et de circulation des arts autochtones au sein des mondes globalisés de l’art contemporain. En tant qu’immigrant latino-américain allochtone établi à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal depuis 2019, il s’attache également à tisser des liens durables entre artistes, communautés et institutions à travers les Amériques, en favorisant des formes de collaboration fondées sur la réciprocité, l’écoute et le dialogue interculturel.

 

Billetterie
Réalisation
Multiples
Durée
47
Langue
Anglais
Sous-Titres
Français
Support
DCP

INFORMATIONS IMPORTANTES

  • Les retardataires ne sont pas admis dans la salle.
  • Prévoyez arriver au moins 15 minutes à l’avance car nous ne présentons aucune bande-annonce.
  • Ventes finales, aucun échange ni remboursement.